Publié dans Société

Programme élargi de vaccination - Vers un financement autonome ! 

Publié le vendredi, 24 octobre 2025

Madagascar s’engage à renforcer son autonomie financière dans le financement de la vaccination, un pilier essentiel de la santé publique. Cette orientation stratégique vise à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), notamment le troisième qui promeut la bonne santé et le bien-être pour tous. Le pays réaffirme son adhésion à l’engagement pris lors de la Déclaration d’Abuja, prévoyant d’allouer 15 % du budget national à la santé. 

Dans cette optique, le Schéma national de vaccination (SNV 2023-2027) a été mis en place pour garantir la pérennité du Programme élargi de vaccination (PEV). La Grande île a également célébré cette année, plus précisément en mai dernier, l’éradication du poliovirus de type 1, un jalon majeur dans la santé publique. Le taux de couverture vaccinale atteint désormais 95 %, soit 19 millions de personnes protégées à travers le pays.

 

Le budget 2025 dédié à la vaccination s’élève à 73,8 milliards d’ariary, représentant environ 8 % du budget de la santé publique. Cependant, plus de 80 % du  financement proviennent encore des bailleurs de fonds étrangers, une dépendance qui fragilise la durabilité du système. La contribution directe de l’Etat malagasy à l’achat des vaccins est estimée à 1,85 million de dollars US, un montant jugé insuffisant et souvent difficile à retracer clairement dans la loi de Finances. Selon les prévisions, les besoins de financement augmenteront dès 2026 avec l’introduction de nouveaux vaccins contre le HPV, le paludisme, la typhoïde, la rougeole-rubéole et la rage.

Des pistes pour un financement durable

Pour réduire cette dépendance, le Gouvernement envisage de mobiliser davantage de ressources nationales afin d’assurer le financement régulier du PEV et de respecter les engagements de cofinancement avec les partenaires internationaux. Il s’agit également d’explorer de nouveaux mécanismes de financement et de renforcer la décentralisation, en appuyant les structures sanitaires locales pour une meilleure efficacité des programmes. Le Parlement est appelé à exercer un rôle de contrôle accru dans la mise en œuvre des politiques publiques de santé, tandis que les autorités locales devront intensifier la sensibilisation communautaire et l’appui logistique à la vaccination, comme la taxation des boissons sucrées et alcoolisées.

La société civile, par la voix de Faniry Hantarinivo, alerte sur la nécessité d’assurer la continuité du financement vaccinal. « Nous sommes préoccupés par la durabilité du programme de vaccination. La loi 2016-056 facilite déjà la création d’une coalition parlementaire rassemblant les commissions santé, budget et gouvernance. Nous avons travaillé dans plusieurs Régions pour sensibiliser les citoyens et les décideurs locaux. Nous espérons que les efforts engagés seront poursuivis », déclare-t-elle. « Le Gouvernement actuel affirme faire de la santé publique une priorité, mais il est urgent de garantir la continuité des programmes et le paiement des 20 % de co-financement national pour l’achat des vaccins. Cette contribution devrait se refléter clairement dans la loi de Finances 2026 », ajoute-t-elle.

La vaccination demeure l’un des leviers les plus puissants pour préserver la santé des enfants. L’enjeu pour Madagascar consiste désormais à transformer sa dépendance financière en autonomie afin d’assurer un avenir plus sûr et plus sain à la population.

 

E.F.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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